Awa Odori
Formidable week-end a Tokushima à l'occasion du festival d'Awa Odori. Tokushima est une ville de l'île de Shikoku, qui devient folle trois jours par an. Des dizaines de groupes quasi-pros ou franchement amateurs y danse tous les soirs dans les rues dans une espèce de transe collective. Les étudiants, les salarymen, les femmes, les hommes, les enfants s'eclatent aux sons des tambours, des flutes et des shamisen.
Il y a deux danses très différentes, mais pratiquées simultanément dans un ensemble finalement très cohérent.
La danse "onna odori" (danse des femmes) est dansée exclusivement par des femmes habillées dans de jolis kimonos très ajustés, coiffées de bizarres chapeaux (un peu comme une grande crèpe pliée en deux sur la tête) et juchées de hauts geta noirs. Elles dansent en quadrille, bras levés, les mains élégamment tendus, comme des flammes, et elles chantent "yatto sa, yaya sa, yappari odori wo yamerenai sa" (ohé, ohé, je ne peux pas m'arrêter de danser).
Devant elles, derrière elles, autour d'elles, sautent, virevoltent et grimacent les danseurs d'otoko odori (danse des hommes), qui devait être réservée aux hommes autrefois, mais est pratiquée maintenant sans distinction de sexe, d'âge ou même de race puisqu'on y voit des gaijin !!
Ces danseurs sont vêtus d'un kimono de coton court ou remonté sur les jambes, d'une sorte de short en coton blanc, et d'un bandeau sur la tête, parfois noué sous le nez à la manière des anciens voleurs. Ils portent un eventail ou une lanterne de papier qu'ils agitent en rythme. Mais ce qui est remarquable, c'est surtout leur démarche bizarre, à demi accroupis, les pieds en canard, des moulinets plein les bras et un grand rire aux lèvres. Quand la musique est calme, ils ont l'air de preparer un mauvais coup, mais dès qu'elle accélère, ils bondissent comme des satyres joufflus.
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