Gourmets à Kurume
Aujourd'hui, grande expédition à Kurume. Bon, c'est à 45 km d'ici, mais vu le temps qu'il nous a fallu à démarrer, on peut parler d'expédition. Kurume est donc située au sud de Fukuoka, au bord de la large et paisible rivière Chikugo (peut-être pas si paisible que ça au vu des portes coupe-crues et autres digues qui en jalonnent les rives bétonnées).
L'objectif premier de notre sortie était d'aller déguster un kurume ramen, mère de tous les ramen (et du fameux tonkotsu ramen de Hakata). Mais comme nous ne sommes pas très doués, après une longue recherche d'un établissement de bon augure (critères: vieillot, moite, puant et plein), nous avons échoué dans la galerie "gourmet" (en japonais "gouroumé", ça tombe bien) de la gare Nishitetsu Kurume, qui n'est de toute évidence pas renommée pour ses ramen. Nous y avons tout de même vu quelques belles jeunes filles de vingts ans parées pour la cérémonie d'entrée dans l'âge adulte (Seijinshiki, car c'était aujourd'hui Seijin no Hi, "le jour des Nouveaux Adultes" comme le traduit joliment l'agenda de l'Ambassade de France). Kimonos voyants, étole de zibeline, coiffures élaborées, elles sont superbes. Les garçons sont beaucoup plus sobres, en costume noir ou à la rigueur en hakama. Ils ont beaucoup souffert aujourd'hui pour devenir grands, à écouter les discours de notables leur faisant l'article, comme si la seule chose qui comptait n'était pas qu'à partir d'aujourd'hui ils ont le droit de boire et de fumer...!
Donc, le ramen n'était pas bon mais les filles l'ont aimé. C'est l'essentiel (il était suivi d'une glace au chocolat, ce qui aide forcément).
Ensuite, partis à la recherche des beautés de Kurume, shuntant le Musée Ishibashi (ishi=pierre, bashi=pont, pierre-pont, pont-pierre...Bridgestone, gagné, Kurume est le berceau des pneus Bridgestone!), nous avons parcouru d'un oeil las un "teramachi" riche d'une vingtaine de petits temples bouddhistes, mais bien morne, avant de trouver le Bairin-ji (le temple du bois de pruniers), très beau temple zen malheureusement pas ouvert au public, et peuplé de moines austères et méthodiques.
Je ne suis pas sûr que leur méditation n'ait pas été quelque peu troublée par les allées et venues exaltées de Zoé et Amélie dans ces lieux sacrés.
Pour finir cette journée de façon équitable et œcuménique, quelques pas au Suitengu, un sanctuaire shinto au bord de la rivière Chikugo. Nous dirons qu'il est joli, pour ne blesser personne (il l'est sans conteste, mais son charme résidait surtout dans sa tranquillité de lieu saint local). Zoé y a dessiné un temple
et Amélie y a couru, comme un peu partout ailleurs.
Et avec tout ça, on n'a pas tiré les rois.
