Nyushashiki
Hier, 3 avril, etait le premier jour de l'annee dans le calendrier traditionnel de l'entreprise japonaise. En fait non, le premier jour, c'etait samedi, mais entre autres bizarreries, Laf arge As o Cement ne travaille ni le samedi ni le dimanche (enfin, pas tout le monde... mais ne nous egarons pas). Le 3 avril etait donc le jour d'un evenement majeur: l'accueil des nouveaux employes.
Bien entendu, ce n'est pas comme dans les banques ou chez Toyota une sorte de grand messe ou le president parle a une salle comble de petits jeunes en costumes et tailleurs noirs, ou en uniformes de travail flambant neufs. Chez nous, c'est plus familial, car nous n'avons que quatre nouveaux cette annee. Mais le ceremonial est absolument stupefiant, sans exagerer, pour un oeil occidental. C'est la troisieme fois que j'y assiste, et je ne m'en lasse pas !
Decrivons brievement la scene. Dans la grande salle de reunion, le drapeau japonais et celui de la societe sont accroches au mur. Un grand bouquet de fleurs (avec des vrais morceaux de cerisier, c'est la saison) sur un gueridon. Une table, sur laquelle sont poses, dans un plateau laque, les avis de nominations a remettre aux impetrants. Face a la table, quatre chaises alignees, sur lesquelles sont assis, poings poses sur leurs genoux, nos quatre jeunes recrues (20 a 24 ans environ). Le long du mur, perpendiculairement, les chaises destines aux membres du conseil d'administration, qui assistent a la ceremonie es qualites. Sur un tableau, le programme de la ceremonie est affiche.
Un manager du service du personnel aboie (je dis bien aboie): "ichido kiritsu !" (levez vous tous), "rei !" (inclinez vous -> salut au drapeau), "chakuseki!" (asseyez-vous). Suivent, toujours precedes d'ordres sans ambiguite ni douceur, cette fois addresses uniquement aux employes (par ex. "shinnyushain, kiritsu!" - nouveaux employes, debout !), la remise des avis de nomination (dont le texte est clame par le president, avant qu'il remette le document, des deux mains, a l'employe qui le saisit par dessus la table avant de s'incliner profondement et en silence), le discours du president (seul moment de detente, car il le fait de facon assez informelle et tres paternelle), la reponse des employes lues par l'un d'entre eux (reponse ecrite sur un papier plie en accordeon, et solennellement remis au president a la fin de la lecture), lecture d'un telegramme du frere du president, le Ministre des Affaires Etrangeres et depute Taro Aso, puis un nouveau salut general au drapeau.
Le tout finit par une photo-souvenir que voici... Celle-ci est scandaleusement informelle, car si un vrai photographe avait ete la, il aurait interdit a quiconque de sourire. Je suis en mesure de le prouver sur d'autres cliches.
Et le 2ème à partir de la gauche au second rang, il est où ? Ne me dis qu'il a été viré juste avant la photo sinon j'écris à Arlette.
Rédigé par:Laurent | le 07 avril 2006 à 22:10
Allez c'est décidé je fais la même chose dans ma boîte ! Reste à dénicher des drapeaux ...
Rédigé par:Luc | le 08 avril 2006 à 10:37