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26 avril 2006

Shanghai Express

Depuis notre arrivée à  Fukuoka, je rêvais de Shanghai. Je me disais qu'un séminaire de Lafarge finirait par nous y conduire, ce qui a failli être le cas  avant que celui qui était prévu du 25 au 28 avril ne soit annulé. Mais l'envie était trop forte et nous avons enfin fait ce voyage d'une heure et demie (plus près de Fukuoka que Tokyo !) pour le week-end, me permettant de retrouver une ville qui m'avait beaucoup plu en 1989 quand je l'avais visitée avec Vincent Olivier. Le plus chouette, c'est que nous avons séjourné dans le même hôtel qu'à l'époque, le Pujiang Fandian, rebaptisé de son nom d'origine Astor House Hotel, qui se dit être le plus vieux hôtel de Shanghai. Albert Einstein et Bertrand Russell y sont paraît-il descendus . Décoré de beaux lambris et de grands lustres, il offrait alors des dortoirs très convenables avec bains communs au bout du couloir, qui sont devenus aujourd'hui de très belles chambres super-équipées, dont les 50 m2 ont comblé nos filles. Le service est consternant, mais sympathique, comme souvent en Chine.

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Le moins que l'on puisse dire, c'est que Shanghai décoiffe ! Après le voyage de 8 minutes en Maglev à 430km/h (étrange modernité, avec cette touche de ringardise dans les housses amovibles bleuâtres), débarquement dans une vague banlieue de Pudong (la ville nouvelle à l'Est du fleuve Huangpu) et trajet en taxi (sans compteur) sur des autoroutes géantes où chaque chauffeur est un Fernando Alonso.

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Ce que l'on voit tout d'abord, c'est évidemment cette débauche de construction, la poussière, la pollution, une ville frénétique et surpeuplée où les gens se bousculent. Le Bund est magnifique, et la skyline de Pudong l'est tout autant. Mais la Chine travailleuse est là-derrière. et on voit bien que la vie est rude. Les mendiants, insectes-paysans attirés par les lumières de la ville, sont comme écrasés au pied des passages piétons surélevés. Partout, la poussière et les gaz d'échappement vous pénètrent dans la gorge, poussés par le bruit des klaxons (qui, en Chine, servent aussi de frein).

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Notre première apres-midi était dans le quartier de YuYuan (jardins chinois, joli pavillon de thé et grand bazar dans lequel Starbucks Coffee cotoie les marchands de soie pour touristes et un fameux fabricant de délicieux raviolis à la viande pour lesquels les chinois font la queue... et pour qu'un chinois fasse la queue, Dieu sait qu'il faut qu'il soit motivé...!). Elle s'est conclue sur un orage qui nous a valu une heure de galère, entre attente beckettienne d'un taxi, bousculade en bus (mais des vieilles dames nous ont cédé leur place!) et longue marche entre l'arrêt de bus et l'hôtel (il y a un arrêt tous les deux kilomètres environ !). Le soir, un spectacle d'acrobates a enchanté Zoé et Amélie, mais nous a laissé un arrière-goût de culpabilité (évidente surexploitation financière d'enfants et d'adolescents pour un public blasé au rire gras, dans des conditions de sécurité plus que douteuses).

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Samedi, nous avons exploré avec passion les céramiques du Shanghai Museum, qui sont splendides et donnent un bel aperçu d'un art bi-millénaire dont la diversité est infiniment plus grande que celle de la poterie japonaise, laquelle ne remonte finalement qu'au 16ème siècle, a été figée par l'art du thé, et s'en trouve donc plus uniforme.

Quant à l'ancienne concession française, croyez-le ou pas, elle a des airs du vieux Bucarest avec ses villas néo-classiques, ses rues poussiéreuses bordées de platanes, ses airs de vieille dame déglinguée. C'est très joli. Nous y sommes retournés dimanche pour y découvrir Xintiandi, un paradis pour expatriés et jeunes branchés, qui comprend restaurants de luxe, belles boutiques et terrasses agréables pour un brunch. D'excellents stylistes montrent que l'identité chinoise renaît et qu'il faudra compter un moment avec cette culture qui reprend sa place. Non, le design des restaurants chinois de Paris ou Toulouse ne résume pas la Chine !!

Vous l'aurez compris, malgré son agressivité et ses cotés nouveau riche, j'aime Shanghai. En revanche, je n'y ferais pas vivre mes enfants tant qu'elle sera aussi polluée. Les photos sont .

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18 avril 2006

Residus neigeux

Fr0604172 Le printemps est bel et bien installe sur le Japon, mais il reste un petit peu de neige ici ou la, comme sur cette photo de la nouvelle "route alpine Tateyama-Kurobe" dans la Prefecture de Toyama, vers la Mer du Japon (*). Une couche de 19 metres... et avec ca le Japon n'est pas champion olympique de ski nordique ?

(*) J'ose a peine imaginer le montant du peage...

15 avril 2006

Kyôto no Sakura

Kyôto sous les érables, Kyôto sous la pluie, Kyôto au solei, on vous aura tout fait. En guise de bouquet final (enfin, nous ne sommes pas encore partis...), voici Kyôto sous les fleurs de cerisiers. C'est quelque chose d'inimaginable, toute une ville en fleur, pendant seulement une petite semaine, et cette impression de voir le monde entier y converger.

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Notre chère Haruko, que les filles adorent, nous y a rejoints (東子さんに会えてとても喜びました) pour une belle journée sur le Chemin des Philosophes et au Heian Jingu, immense sanctuaire shinto que nous ne connaissions pas encore, et dont les cerisiers-saules sont splendides.

Nous n'oublions pas bien sûr que ce week-end était la conclusion de quelques jours passés par Eugenia avec Hiroko-san  à Kobe. Qu'elle en soit ici vivement remerciée.

12 avril 2006

La bonne blague!

Aujourd'hui, cet imbécile heureux de D., mon contrôleur de gestion canadien embauché il y a un peu plus d'un an, a réussi à faire croire aux trois nouvelles recrues qui sont en formation au Siège, que l'usage des ascenseurs leur est interdit pendant leur première année dans l'entreprise (nos bureaux sont au dixième étage).

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...et ces couillons, ils l'ont cru ! Je les ai trouvés à midi errant à la recherche des escaliers...

Ah, la discipline japonaise...

11 avril 2006

Kyo Odori

La maman de Yoshuki-kun, apres avoir recu royalement Eugenia, Zoe et Amelie  a Kobe, nous a permis d'assister a la premiere representation de la saison de Kyo-Odori (danse des geisha de Miyagawa-cho a Kyoto). Les costumes sont TRES verts, orange, jaunes ou rouges, c'est un petit peu kitsch tout de meme, mais au bout du compte, c'est magnifique.

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La tante geisha de Hiroko a ete tout a fait charmante apres le spectacle, que nos deux danseuses ont beaucoup aime, en particulier la piece sur les grenouilles et le heron.

Avant le show, un the etait servi au deuxieme etage, apres une looongue queue.

Nous avons aussi decouvert un Kyoto different de nos impressions precedentes a l'occasion de la floraison des cerisiers. A suivre, ... car il y a beaucoup de photos !

04 avril 2006

Nyushashiki

Hier, 3 avril, etait le premier jour de l'annee dans le calendrier traditionnel de l'entreprise japonaise. En fait non, le premier jour, c'etait samedi, mais entre autres bizarreries, Laf arge As o Cement ne travaille ni le samedi ni le dimanche (enfin, pas tout le monde... mais ne nous egarons pas). Le 3 avril etait donc le jour d'un evenement majeur: l'accueil des nouveaux employes.

Bien entendu, ce n'est pas comme dans les banques ou chez Toyota une sorte de grand messe ou le president parle a une salle comble de petits jeunes en costumes et tailleurs noirs, ou en uniformes de travail flambant neufs. Chez nous, c'est plus familial, car nous n'avons que quatre nouveaux cette annee. Mais le ceremonial est absolument stupefiant, sans exagerer, pour un oeil occidental. C'est la troisieme fois que j'y assiste, et je ne m'en lasse pas !

Decrivons brievement la scene. Dans la grande salle de reunion, le drapeau japonais et celui de la societe sont accroches au mur. Un grand bouquet de fleurs (avec des vrais morceaux de cerisier, c'est la saison) sur un gueridon. Une table, sur laquelle sont poses, dans un plateau laque, les avis de nominations a remettre aux impetrants. Face a la table, quatre chaises alignees, sur lesquelles sont assis, poings poses sur leurs genoux, nos quatre jeunes recrues (20 a 24 ans environ). Le long du mur, perpendiculairement, les chaises destines aux membres du conseil d'administration, qui assistent a la ceremonie es qualites. Sur un tableau, le programme de la ceremonie est affiche.

Un manager du service du personnel aboie (je dis bien aboie): "ichido kiritsu !" (levez vous tous), "rei !" (inclinez vous -> salut au drapeau), "chakuseki!" (asseyez-vous). Suivent, toujours precedes d'ordres sans ambiguite ni douceur, cette fois addresses uniquement aux employes (par ex. "shinnyushain, kiritsu!" - nouveaux employes, debout !), la remise des avis de nomination (dont le texte est clame par le president, avant qu'il remette le document, des deux mains, a l'employe qui le saisit par dessus la table avant de s'incliner profondement et en silence), le discours du president (seul moment de detente, car il le fait de facon assez informelle et tres paternelle), la reponse des employes lues par l'un d'entre eux (reponse ecrite sur un papier plie en accordeon, et solennellement remis au president a la fin de la lecture), lecture d'un telegramme du frere du president, le Ministre des Affaires Etrangeres et depute Taro Aso, puis un nouveau salut general au drapeau.

Le tout finit par une photo-souvenir que voici... Celle-ci est scandaleusement informelle, car si un vrai photographe avait ete la, il aurait interdit a quiconque de sourire. Je suis en mesure de le prouver sur d'autres cliches.

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03 avril 2006

Last Hanami in Fukuoka

Notre dernier Hanami a Fukuoka, samedi 1er avril, etait un peu frisquet. Les fleurs etaient en retard, le ciel etait bas, il ventait, il a plu, bref, c'etait beaucoup, beaucoup moins joli que l'an dernier.

La famille Mori nous a gentiment invites a partager son pique-nique. Ils sont sympas, Shoko-san est toujoursp prete a rendre service a Eugenia, et Zoe et Amelie aiment bien leurs quatre filles. Et puis un hanami avec une famille japonaise, c'est quand meme chouette.

Ce week-end, Kyoto. Nous croisons les doigts pour que les fleurs ne glissent pas entre eux.

A la semaine prochaine...

Les Adieux de Marielle

Marielle, divinité crypto-chrétienne bien connue du Kyushu, a quitté Fukuoka le premier avril. Pour lui dire au revoir, nous avons diné chez Nogiko, excellent petit yakitori de Nishi-Nakasu, dont le décor années 50 vaut à lui seul le détour. Ensuite, baroud d’honneur au Candy, notre karaoké live, dont le public était ce soir-là de la plus haute tenue.

A bientot Marielle... un seul être vous manque, et tout est dépeuplé. Snif...

Photos ici.

01 avril 2006

Evolution

Enfn du nouveau sur notre prochaine destination. Nous avons longtemps cru que ce serait la Roumanie, mais les opportunites economiques etant ce qu'elles sont, Lafarge a finalement trouve beaucoup mieux. Ce sera le Belarus, ou Russie Blanche. C'est un peu inattendu, et nous avons hesite a accepter, mais il faut bien dire que sur le plan culturel, c'est attractif.

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Le Belarus, anciennement Bielorussie, est l'une des tres anciennes nations russes, qui s'est recemment illustree par un processus democratique en fort progres (son president a ete reelu avec le meme score que le President francais). Plus de mille ans d'histoire, une campagne splendide et reposante, et une civilisation raffinee.

Ce blog sera donc bientot transfere chez un nouvel hebergeur , et sera rebaptise (le nom definitif n'est pas encore choisi, mais je pense y inclure un hommage discret et elegant au President Loukashenko). Par ailleurs, les commentaires seront moderes, et les photographies me seront fournies directement par l'hebergeur.

Nous serons bien loges, alors nous comptons sur vos visites !!

Nazdrovie !

30 mars 2006

Sakurambourse

Lu dans la newsletter de la Chambre de Commerce Franco-Japonaise:

Sakura

Le magazine Economisuto se penche sur l’évolution de la bourse, toujours très attentive à la question des taux. Le magazine choisit de se concentrer sur la relation entre les anomalies des marchés et la floraison des cerisiers.

L’hebdomadaire rappelle que cette période de floraison correspond à la fin de l’exercice fiscal de 80% des sociétés cotées au premier marché, un moment particulièrement important dans la vie économique du pays. Le magazine tente de vérifier l’hypothèse affirmant qu’en année de floraison avancée, les performances des marchés sont meilleures.

D’après Economisuto, les calculs effectués ont permis de déterminer que, dans ce cas, la probabilité de voir l’indice Topix progresser fortement en avril atteint 70%. Cette année, les marchés financiers japonais sont en hausse et la floraison des cerisiers est en avance de six jours par rapport à la moyenne.

Toujours selon Economisuto, les anomalies des marchés font l’objet d’études très poussées à l’étranger. Le magazine appelle donc le Japon à se pencher sur ces questions à l’heure où les particuliers investissent de plus en plus en bourse. Leur comportement étant moins rationnel que ceux des investisseurs, les évolutions à venir ne pourront plus être expliquées par de simples raisonnements scientifiques.