A fost sau n-a fost (un week-end placut)
Une serie de beaux jours s'est terminee vendredi a midi, la temperature a chute brutalement de 28 a 16 degres, et la pluie a repris ses droits pour le debut de l'automne. Bucarest est nettement moins accueillante quand il fait froid, mais il y a quand meme des dizaines de restaurants, des bars, des librairies, des theatres et des cinemas.
Parlant de cinema, precipitez-vous, amateurs de Roumanie et etudiants scrupuleux de l'histoire du siecle precedent, pour aller voir dans la salle la plus proche de chez vous "12h08 a l'est de Bucarest", en roumain "A fost sau n-a fost ?". A-t-on fait, ou pas, la revolution a V..., dans la province roumaine, le 22 decembre 1989 ?
Jderescu, animateur du poste de television local, realise avant Noel, une emission historique. Il invite a debattre sur le plateau Monsieur Piscoci (prononcer "pishkotch"), un brave veuf qui s'apprete a passer Noel tout seul, et qui fait encore le pere Noel pour amuser les enfants, et Manescu, prof d'histoire alcolo un peu minable, qui trouve la une pauvre occasion de se faire mousser.
Les 45 minutes de debat en direct sont un moment d'hilarite comme nous en avons peu vu depuis longtemps (certes nous etions un peu sevres de cinema au Japon). La mise en scene est a la fois simplissime et parfaitement reglee et les trois personnages sont extraordinaires. Qant aux dialogues, ils sont ciseles, de l'orfevrerie. On rit, on pleure de rire, mais chaque mot porte en lui toute la Roumanie de l'apres 89, et l'on voit defiler tous les vices ordinaires, toutes les petites miseres de ces gens qui en bavent tant. "On a fait la revolution comme on a pu" et "Je regrettais quand meme un peu ces 100 lei que Ceaucescu nous avait promis", sont deux repliques de Nenea Piscoci qui pourraient a elles seules resumer le film, et peut-etre l'etat d'ame de toute une frange de la population roumaine (celle qui ne roule pas encore en Posrsche Cayenne).
En reste, vie de week-end. Bricostore pour des rideaux de douche et des tas de crochets, Carrefour, autel de la nouvelle consommation, pour remplir le frigo et les placards, et puis un tour au club de sport pour faire un exercice que l'encombrement, la pollution et les chiens errants recalcitrants de Bucarest ne permettent guere a l'exterieur. J'allais oublier la visite de Carmen et Diana, amies jumelles de longue date, venues samedi avec leurs enfants.
La semaine qui s'annonce est chargee. C'est l'anniversaire de Mamie Aglaia jeudi.
Et puis, zut, encore une info essentielle qui allait vous echapper: j'ai (philippe) ete elu jeudi dernier delegue des parents d'eleves au Conseil d'Etablissement du Lycee Francais.
Et Mamie Aglaia, au carbone 14, ça donne quoi ? Bravo pour ta chronique du film : le cinéma roumain, qui a belle tradition d'auteurs, recelle de jolies petites perles. Je guette les programmes. Mais à Bordeaux... Ici, c'est plutôt Juppé revient, Juuupé reeevient, Juppé revient parmi les siens, lalalalala
Posted by: Laurent | October 09, 2006 at 08:59 PM